Sacha Feytongs, le responsable administratif de l'Académie, que Fazli Kocabas a appris la bonne nouvelle, de la bouche: il est intégré au noyau A, en principe jusqu'au terme de la saison. Ce jeune (18 ans) défenseur central d'origine turque participera à son premier entraînement ce mardi à 10 heures. "C'est magnifique”, dit-il. “J'espérais effectuer le grand saut en début de saison prochaine. Je suis heureux de pouvoir gagner quelques mois... ” Talentueux, Kocabas en est à sa 4e saison au Standard, qui l'avait recruté au RJ Wavre. Les blessures de Sarr (déchirure aux adducteurs) et Phibel (fracture de fatigue), ainsi que les menaces de suspension qui pèsent sur 6 éléments du noyau pro (dont Dante, Mulemo et Fellaini dans le secteur défensif) ne sont pas étrangers à cette décision.
Milan Jovanovic n'a jamais caché son désir d'améliorer, la saison prochaine, sa situation tant sportive que financière. Si le nom de l'attaquant serbe a déjà été cité aux quatre coins de l'Europe, des radios portugaises ont annoncé en ch½ur, hier, que
le FC Porto pourrait devenir, dans quelques semaines, sa destination. Ce que dément pourtant, mais c'est de bonne guerre, Cvijan Milosevic, son conseiller sportif. Ce qui parait clair, c'est que Jovanovic ne s'opposerait pas, comme il le fit avec Osasuna, à un transfert dans le club champion du Portugal, grand habitué de la Ligue des champions.
S'il reste, pour chacune des dix-huit équipes de division 1, 450 minutes de jeu à disputer avant de boucler le championnat 2007-2008, celui-ci pourrait livrer très vite ses premiers verdicts. Avec, dès samedi, la relégation mathématique du Brussels en division 2 et, dans quinze jours, le titre pour le Standard, à qui un nul à Lokeren et un succès face... à Anderlecht suffiraient pour sabrer le champagne. Chaud devant!
Sans surprise, c'est le CS Bruges qui a enregistré, sur les douze derniers mois, la progression la plus importante (+ 19 points). Actuellement en perte de vitesse, le petit club de la Venise du Nord comptait, après 29 journées la saison dernière, 34 points, pour 53 aujourd'hui.
Suit le Standard, qui compte 11 unités de plus que l'année dernière à pareille époque. Et déjà 3 de plus que sur l'ensemble de la saison 2006-2007! Mieux, si comparaison n'est pas raison, le club liégeois posséderait, avec un tel tableau de chasse (67 points), deux longueurs d'avance sur... Anderlecht, qui avait été sacré il y a douze mois champion de Belgique. C'est dire la qualité du parcours signé par Michel Preud'homme et ses joueurs, qui pourraient être sacrés dans 180 minutes de jeu, à condition, par exemple, de partager l'enjeu à Lokeren et de vaincre, dans la foulée, leur grand rival bruxellois à Sclessin. "Actuellement, nous jouons sans doute un meilleur football que le Standard.”, n'hésite pas à affirmer Ariel Jacobs, l'entraîneur anderlechtois. Peut-être, mais les données mathématiques ne sont pas aussi tranchées: si le Sporting a ravi 31 points (sur 36) depuis le début 2008, le Standard, qui a tout en main pour devenir le 105e lauréat de l'histoire de notre championnat, n'en compte qu'un de moins.
(GDS - Y.Bouchard) Et si Mouscron s'inscrivait dans la carrière d'Espinoza au Standard comme un tournant? Dimanche soir en tout cas, les critiques ont fait place aux applaudissements et aux compliments. L'Équatorien aurait même pu en rester sans voix... Et il a opté pour ce choix, la loi du silence. À la demande de la direction liégeoise précisons-le qui, jusqu'au terme du championnat, a formellement interdit à ses gardiens mais aussi à Jorge Veloso, de s'épancher dans la presse. Une autre manière de protéger le groupe. Admettons que le sujet des portiers a alimenté la chronique cette saison. Rarement dans le sens espéré par Michel Preud'homme et sa joyeuse bande, bien sûr.
Cependant, rendons à Aragon ce qui lui appartient. Contre les Hurlus, il s'est illustré non pas à une, ni à deux, ni à trois mais à quatre reprises. Deux fois en première période face à Oussalah et Walasiak, deux fois en deuxième période devant Tomou (l'arrêt le plus significatif) et encore Jonathan Walasiak. Doit-on chercher le secret de ces arrêts déterminants dans l'accueil réservé par la T3 au moment où il a pris position entre ses perches? "Espi-noza, Espi-noza", ont crié en choeur les plus fervents fans de la cuvette. Visiblement, le message lancé et répété à plusieurs reprises par ses équipiers, est arrivé jusqu'aux tribunes de Sclessin. “Nous ne lâcherons personne, soutenez-nous tous, sans exception", avaient déclaré plusieurs éléments du noyau rouge et blanc. Michel Preud'homme, lui, ne cache pas sa satisfaction. “Cet accueil pour notre gardien était formidable. Voilà la preuve que nous tendons tous vers le même but. Cela faisait du bien à entendre."
Aragon l'a sans aucun doute entendu de cette oreille aussi. Comme mise en confiance, il a connu pire, le gaillard. “Quand on sait à quel point cette confiance est importante pour un gardien.", rajoute le coach principautaire. De fait. Mais surtout, pour la première fois de la saison, beaucoup ont éprouvé le sentiment que le portier tant décrié faisait enfin partie des meubles et allait être, lui aussi, associé pleinement au bonheur qui se profile à l'horizon pour les Liégeois. De quoi lui donner des ailes? "Comme je le disais, avec plus de confiance, il peut gagner plus de points en valeur.", précise encore Preud'homme. De là à faire taire ses nombreux détracteurs, bien sûr que non! A moins d'un miracle, que ce soit en bord de Meuse ou sur le site du prochain stade, il y a peu de chances de voir une statue à son effigie s'ériger dans le 'hall of fame' du Standard aux côtés des Nicolay, Piot, Bodart ou Preud'homme. S'il n'a pas croulé sous le flot de critiques, Espinoza n'aurait pas davantage de raisons de s'extasier. “Les critiques, je ne les ai jamais évoquées avec lui. Je lui parle comme à tous les joueurs. Mais cela ne sert jamais à rien de se focaliser sur des points négatifs au risque de leur donner encore plus d'ampleur.".
Sûr, Michel Preud'homme ne mettra pas davantage en exergue la prestation mouscronnoise
d'Espi par rapport à celle de l'ensemble de son équipe. Cependant, reconnaissons-lui au
moins le mérite d'avoir contribué au succès de dimanche, tout comme il avait su préserver le partage à Saint-Trond.
La messe est dite
Une autre facette du grand Américain du Standard: il était une 'foi', Oguchi Onyewu. Le buteur victorieux de dimanche soir fréquente régulièrement l'église Saint-Vincent du quartier Fétinne, près du Pont de Fragnée. Un grand pratiquant, le défenseur central de Sclessin. Dès que le ballon a transpercé les filets de Volders, le défenseur rouche s'est précipité vers la T3, s'emparant au passage d'un drapeau US qu'il posa immédiatement sur ses épaules. Un geste fort. Tout comme ce signe de croix avant de s'élancer vers le banc en folie de Michel Preud'homme. Un autre geste fort, pas exceptionnel dans le milieu du foot. À Sclessin, on se souvient que Wamberto organisait
en compagnie des Brésiliens (dont Igor De Camargo) des cérémonies religieuses tout en
musique.
Oguchi Onyewu, lui aussi, pratique sa foi. Assidûment. Citoyen d'Embourg, il a trouvé ce qu'il cherchait dans la Cité Ardente. “Depuis que je suis au Standard, je fréquente effectivement l'église Saint-Vincent. Tous les dimanches, quand c'est possible, je vais donc à la messe là-bas. Pourquoi? Cela ne s'explique pas sauf que je m'y sens bien." Très vite, sa grande carcasse n'est pas passée inaperçue sur les bancs. “Un jour, oui, le curé m'a présenté à tout le monde. J'étais un peu gêné, je l'avoue. Mais finalement, c'était bien. J'ai constaté aussi que l'assistance était plus âgée. Si ma présence peut inciter les jeunes à nous rejoindre, tant mieux." On l'imaginait plutôt participer à des offices encore plus animés comme aux States, avec des chanteurs gospel... “Ce sont plutôt les Baptistes qui célèbrent leur foi de cette manière. Moi, je prends vraiment du plaisir là-bas."
Sur le T-shirt qu'il arborait fièrement dans la salle de presse du stade de Sclessin, dimanche soir, une inscription. “He's the truth ”, il est la vérité. C'est clair et net, son inspiration, il la puise dans sa religion, “Gooch”. Son équilibre aussi. Non, sa nationalité n'explique pas à elle seule sa “zen attitude ”. Cool et relax, Oguchi, c'est une évidence. Croyant, une autre vérité. Sa foi l'aidera à soulever des montagnes, on n'en doute pas. Si elle l'aidait déjà à soulever le trophée dans quelques jours... voilà qui propulserait tous les fidèles des “Rouches ” au paradis! Mais comme le rappelait encore Onyewu, la messe n'est pas encore dite. “Nous ne sommes pas encore champions. On s'en rapproche, simplement."